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Trois découvertes à La Malbaie

Tourisme Charlevoix m’a proposé d’aller à la rencontre de trois entreprises locales, et avec l’équipe de Trois fois par jour, nous avons bien sûr sauté sur l’occasion d’aller visiter la région! Pour s’y rendre, la route en voiture, avec la vue sur le fleuve et les montagnes, est à couper le souffle.

J’ai été accueillie par Tourisme Charlevoix à La Malbaie un petit matin d’automne.
On sent déjà que la saison ralentit, mais les touristes continuent d’affluer pour faire la file devant la boulangerie Pain d’exclamation avec le sourire. À l’intérieur, je rencontre Michaël et Alexandre, les nouveaux propriétaires à l’enthousiasme contagieux.

Le nom Pain d’exclamation, ça vient d’où? Il y a sûrement une histoire derrière ça, je suis curieuse! 

Pain d’exclamation : À la base, Les Pains d’exclamation (au pluriel) a été fondée par Josée Gervais il y a plus de 20 ans, dans la petite partie de la bâtisse où se trouve aujourd’hui le take-out. Nous avons gardé le nom, mais cette fois en l’écrivant au singulier. Puisque, de toute façon, les gens de la place disent toujours « On va au Pain ». On aime aussi l’idée que c’est le point, le spot d’exclamation de la région. Et ça fait un beau clin d’œil à notre logo! (Fun fact : le logo en pain représente les montagnes de Charlevoix, et le point d’exclamation est le cratère météoritique.)

Si on revient au tout début, comment est né Pain d’exclamation? C’était quoi l’idée ou l’envie de départ?

PE : En 2021, quand Josée a voulu vendre pour partir à la retraite, Alexandre et moi souhaitions déjà reprendre le commerce. Les démarches étaient même bien entamées, mais un autre acheteur (l’ancien propriétaire) est arrivé avec beaucoup plus de moyens financiers que nous. Le plan est donc un peu tombé dans l’oubli, et nous sommes partis chacun de notre côté, dans nos propres projets professionnels. Trois ans plus tard, le commerce avait beaucoup changé, et l’ancien propriétaire a finalement pris la décision de fermer et de revendre. C’est à ce moment-là que nous sommes revenus dans le portrait, cette fois avec plus de moyens et une équipe d’actionnaires plus complète. Noémie, notre cheffe cuisinière, s’est jointe à nous, tout comme Romaric, qui était boulanger à l’époque de Josée. C’est vraiment devenu un beau projet de région. Les gens voulaient que le magasin revienne, et sa fermeture avait créé un énorme vide au cœur du centre-ville. L’idée derrière le commerce, c’est justement de faire vivre et de mettre en lumière notre région. Moi, je vais faire ma vie ici, et c’était inconcevable de laisser le quartier dans cet état.

Est-ce qu’il y a un produit qui a une histoire particulièrement le fun derrière lui? Une recette, une anecdote ou même un heureux hasard?

PE : Il y en a plein! Par exemple, le Ménage à Lucie, c’est un coup de chapeau à ma grand-mère, qui était connue dans tout le village de Saint-Urbain pour son fameux pain de ménage. Donner son nom à l’un de nos produits, c’était une belle façon de lui rendre hommage. En rafale, plein d’histoires me viennent à l’esprit. Il y a eu, notamment, les retards de livraison de notre chambre de fermentation pour le pain. Trois jours avant l’ouverture officielle, on s’est retrouvés à détruire des murs pour pouvoir la construire, car certaines mesures pour les compresseurs ne marchaient pas. Il y a aussi notre chambre froide qui a cessé de fonctionner dans la dernière semaine avant l’ouverture, ce qui nous a obligés à reprendre une bonne partie de nos préparations. Avec Alexandre et Noémie, on a travaillé une bonne partie de la nuit pour tout refaire. Disons qu’on a eu une semaine assez mouvementée avant l’ouverture!

Charlevoix est une région où les producteurs et les artisans sont très présents. Comment ça influence votre façon de travailler et ce que vous créez?

PE : Notre mission, c’est de mettre Charlevoix en lumière. C’est pourquoi tout ce que vous achetez ou mangez ici est produit dans Charlevoix ou acheté auprès d’un artisan ou d’une entreprise de la région. Une de nos collaborations dont nous sommes le plus fiers, c’est bien évidemment celle avec le Moulin seigneurial des Éboulements, construit en 1790 et qui fonctionne encore selon les méthodes traditionnelles de l’époque. Tout de ce que vous mangez ici est préparé à la main et met de l’avant les produits de Charlevoix. Oui, acheter une salade de fruits ou des cretons industriels serait plus facile, mais on tient à ce que chaque élément offert au client ait été travaillé ici ou par des gens d’ici. On réserve aussi une de nos étagères à tous les artisans qui souhaitent faire connaître leurs produits ou services directement dans le commerce, et ce, gratuitement.

Après toutes ces années, qu’est-ce qui vous rend encore le plus fiers ou vous donne encore le goût de pratiquer ce métier-là?

PE : Bien que notre projet soit encore récent, ce qui nous rend le plus fiers, c’est le retour des gens du coin. Ça nous fait chaud au cœur de discuter avec eux et de voir à quel point ils sont heureux de la reprise de leur boulangerie, ici c’est vraiment l’âme du centre-ville! Une autre grande fierté, c’est l’équipe que nous avons réussi à construire. Avoir avec nous Romaric, l’ancien boulanger du temps de Josée, Noémie comme cheffe cuisinière, elle aussi une ancienne employée du temps de Josée, et Nancy qui était pâtissière en chef à cette époque, c’est un pur bonheur. Parce qu’au-delà de la place et du commerce, ce qu’on voulait ramener, c’est ce petit quelque chose qui faisait que les gens étaient attachés à la boulangerie : l’amour qui est mis dans chaque assiette.

Pour quelqu’un qui entre ici pour la toute première fois, qu’est-ce qu’on lui met absolument entre les mains avant qu’il reparte?

PE : Question difficile, car tout ce qu’on fait est fabriqué à la main et fraîchement préparé chaque jour! J’ai le bec sucré, donc c’est sûr que j’orienterais les clients plus vers les pâtisseries de Nancy. Le gâteau aux noisettes, le météore et le secret de velours sont dans mes tops! Mais honnêtement, on s’appelle « Pain d’exclamation » et ce n’est pas pour rien! Romaric est un boulanger exceptionnel de formation française. Notre pain est fait au levain et pousse dans notre chambre de fermentation, ce qui nous permet d’avoir une qualité incroyable. Pour moi, quelqu’un qui vient ici pour la première fois doit vivre l’expérience au complet : prendre un bon repas préparé entièrement à partir d’ingrédients de Charlevoix, goûter à une pâtisserie ou viennoiserie faite à la main et, bien sûr, repartir avec un pain frais pour la maison.

Après avoir goûté à toutes les pâtisseries, les chocolatines et leur délicieux café,
on se rend à l’auberge Les Pinsons des Rives, située dans le secteur de Pointe-au-Pic.

L’ambiance chaleureuse et intimiste annonce les couleurs du couple propriétaire, deux grands voyageurs qui ont posé leurs valises ici et ont amené avec eux le charme et l’attention aux détails. Leur auberge est à la fois un espace vivant et dynamique, avec plusieurs coins pour s’amuser, assister à un spectacle, bien manger et rigoler avec les visiteurs et les locaux, mais c’est aussi un endroit calme, où l’on sent le confort et la tranquillité pour vraiment prendre le temps de relaxer devant cette vue imprenable.

Comment êtes-vous arrivés dans l’aventure des Pinsons des Rives? C’était quoi le déclic au départ?

Les Pinsons des Rives : Rien n’était vraiment planifié! Ça a d’abord et avant tout été un coup de cœur pour la région de Charlevoix, mais aussi pour cette auberge au caractère authentique implantée au cœur de Pointe-au-Pic, avec sa magnifique vue sur le fleuve Saint-Laurent. Comme beaucoup de gens, la pandémie nous a obligés à nous remettre en question et à réfléchir sur ce que nous voulions vraiment faire pour la suite. Nous avons toujours eu cet appel de l’entrepreneuriat et de la vie en région. Nous avions également le désir de relever de nouveaux défis et d’apprendre de nouvelles choses.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire de cette place-là la vôtre, puis d’y mettre votre personnalité?

PR : Nous nous sommes tout de suite sentis à la maison lorsque nous sommes entrés pour la première fois dans cette maison chaleureuse ornée de lattes en bois, avec cette vue dégagée sur le fleuve qui nous rappelait la mer. Les Pinsons des Rives était déjà un lieu fortement implanté dans sa communauté, proposant de multiples activités aux gens de passage, mais surtout aux Charlevoisiens qui se sont rapidement approprié cet endroit convivial.

Quand vous pensez à l’histoire des Pinsons, est-ce qu’il y a un moment ou une étape qui vous a particulièrement marqués?

PR : Nous avons emménagé en pleine pandémie, alors que les auberges et les restaurants étaient tous fermés. Notre surprise a été immense de voir défiler les habitués que nous appelons « les Pinsonneux » simplement pour venir nous souhaiter la bienvenue, même si nous étions fermés. Nous avons tout de suite pris conscience de l’importance de ce lieu pour la communauté. 

Nous avons aussi aménagé notre propre logement à même l’auberge, ce qui nous a permis de nous approprier la maison et d’imprégner ce lieu de nos personnalités. Quand vous venez aux Pinsons des Rives, c’est un peu comme si vous étiez reçus chez nous, et c’est important pour nous que les gens s’y sentent comme à la maison. D’ailleurs, nos souvenirs de voyage décorent toute la propriété, et reflètent notre intérêt pour l’aventure et la découverte de l’autre.

Une auberge, c’est beaucoup de rencontres humaines. Est-ce qu’il y a un client, une histoire ou une situation qui vous est restée en tête avec les années?

PR : Les Pinsons des Rives, c’est une grande famille où se côtoient employés, gens du coin et voyageurs. Les employés qui travaillent ou qui ont travaillé avec nous sont devenus bien plus que de simples salariés. Ils insufflent une âme aux Pinsons et donnent un sens à ce projet. Même ceux qui ont dû quitter la région pour leurs études reviennent fréquemment nous voir et ont à cœur le succès de l’auberge. Ces rencontres quotidiennes, c’est ce qui nous motive à persévérer dans une industrie qui n’est pas toujours facile.  

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans le fait d’accueillir des gens ici, au quotidien?

PR : Ce qu’on aime particulièrement, ce sont nos échanges avec des gens venus de partout dans le monde et qui nous permettent de voyager à travers ces rencontres au quotidien sans avoir à prendre de billets d’avion. De plus, nous adorons faire découvrir notre région et notre belle province à ces voyageurs. Nous sommes fiers de ce que nous avons à proposer, et nous sommes heureux de voir les yeux de nos invités pétiller lorsqu’ils racontent ce qu’ils ont vu et vécu.

Si quelqu’un venait dormir chez vous une seule fois, qu’est-ce que vous aimeriez qu’il retienne surtout de votre façon de recevoir?

PR : Nous voulons avant tout que les gens se sentent comme à la maison, qu’ils ressentent la convivialité et la chaleur du lieu, et qu’ils repartent avec le souvenir des belles rencontres qu’ils ont faites, autant avec les gens du coin qui fréquentent le bistro qu’avec les autres voyageurs. Nous désirons aussi partager notre amour de l’aventure et de la découverte. Par-dessus tout, nous souhaitons simplement qu’ils passent un bon moment. Pour nous, il est également important de rendre le voyage plus accessible en offrant des options moins coûteuses autant pour le bistro que pour l’auberge.

Je serais bien restée tout l’après-midi pour une partie de jeux de société, mais l’auberge se préparait déjà à sa fin de semaine occupée et à une activité friperie dans l’espace commun, alors que les chambres étaient déjà toutes bien remplies.

Je me dirige alors vers le centre-ville de La Malbaie, où se trouve Confit Épicerie-Buvette, un lieu expressif et riche en textures. Joannie et Alexandre ont l’énergie des restaurateurs en pleine mise en place pour l’ouverture de la soirée. C’est l’heure des livraisons, de la préparation en cuisine, du café dans l’espace réservé à l’épicerie. Je me glisse sur la banquette, entre deux tables, puis devant le magnifique bar pour pouvoir admirer tous les éléments du décor bien pensé.

Le concept de Confit, entre l’épicerie et la buvette, ça vient d’où au départ? C’était quoi l’idée derrière la place?

Confit Épicerie-Buvette : L’hybridité du lieu nous a toujours interpellés. Après la pandémie, Joannie et moi cherchions à créer un univers plus stable pour le domaine de la restauration, avec une thématique plus circulaire où le restaurant est au service de l’épicerie et vice-versa. Le concept permet également de limiter les pertes alimentaires dans deux secteurs qui génèrent malheureusement beaucoup de gaspillage alimentaire.

Est-ce qu’il y a un produit, un plat ou une rencontre avec un producteur qui raconte particulièrement bien l’histoire de Confit?

C : Question difficile, car si nous pouvions tous les nommer, nous le ferions. Chaque plat est conçu dans le but de créer une trame narrative derrière le travail énorme de nos productrices et producteurs de la région; mais si nous devions en choisir deux, je dirais Gabrielle de la Ferme Éboulmontaise, avec son agneau absolument incroyable, et Étienne de la Ferme du Ruisseau-Jureux, qui vient nous porter ses invendus de marché public tous les samedis.

Comment vous choisissez les producteurs et artisans avec qui vous travaillez? Est-ce que ça part souvent de coups de cœur ou de rencontres?

C : Le restaurant a célébré son 1er anniversaire le 12 juillet 2026, mais cela fait déjà trois ans que nous sommes installés dans la région de Charlevoix avec l’envie de créer un slow entrepreneuriat où l’humain est mis de l’avant. Dès notre arrivée dans la région, nous avons pris le temps de rencontrer les productrices et producteurs d’ici pour développer les liens très forts qui nous unissent désormais. Notre été d’événementiel en 2024 nous a permis d’aller à la rencontre des gens. Les « tables champêtres », organisées directement sur les terres des productrices et producteurs selon leur disponibilité maraîchère, ont été l’un de nos coups de cœur.

Qu’est-ce que Charlevoix apporte à Confit et à votre façon de créer que vous ne retrouveriez probablement pas ailleurs?

C : La force du réseau, car la qualité des produits dans Charlevoix est inégalable! De plus, comme nous faisons partie de la première et l’unique Route des saveurs au Québec, il était important pour nous de mettre en valeur cet amour du terroir.

Y’a-t-il une anecdote, un moment ou une journée depuis l’ouverture qui représente vraiment bien l’esprit de la place?

C : Deux moments précis nous viennent en tête! Je dirais quand Gabrielle Cadieux-Gagnon, propriétaire de la merveilleuse Ferme Éboulmontaise, vient écosser des gourganes en cuisine un soir de semaine pour « se changer les idées », histoire de jaser et prendre du temps de qualité, même en plein service. Il y a aussi notre événement « Confit lève son verre », où nous avons accueilli Madeleine et Alex de la Famille Migneron de Charlevoix, ainsi que Steve et Cat de l’agence Vins fluides, pour représenter Charlevoyou. Une soirée qui mettait en vedette le savoir-faire des pionniers du fromage dans la région en accord avec les vins nordiques de Charlevoix.

Si quelqu’un vient chez Confit pour la première fois, qu’est-ce que vous avez vraiment envie de lui faire découvrir?

C : Sans aucun doute, l’expérience de soir avec le menu découverte à partager! Selon nous, c’est la meilleure façon de réellement goûter le savoir-faire de chez Confit et tout ce qu’on peut créer en mettant en valeur les produits de la région.

On dirait que je m’attendais à trouver l’endroit magnifique et à être inspirée par les paysages, évidemment, mais c’est surtout le dynamisme des entrepreneurs qui m’a touchée cette journée-là. Leur passion pour ce territoire, leur amour des produits locaux, leur désir de les faire découvrir et leur impressionnante motivation à tisser des liens dans leur communauté pour avoir une incidence positive réelle auprès des producteurs locaux.

J’ai découvert de magnifiques produits et endroits, mais surtout, cette belle énergie optimiste et rayonnante qui donne envie de revenir à tout moment dans l’année, pour rencontrer les humains qui font vivre et découvrir la région au fil des saisons, sur la Route des Saveurs de Charlevoix.

Merci Tourisme Charlevoix!

photos : Audrey St-Laurent